Il y a des rencontres qui changent une vie. La mienne s’est produite à 11 ans dans une cour d’école, quand un ami passionné d’ésotérisme m’a fait découvrir le Tarot de Marseille.
Je me souviens encore de ma stupéfaction : je pouvais lire l’avenir dans ces cartes sans même les connaître. Les symboles me parlaient naturellement, comme si je déchiffrais une langue que j’aurais toujours connue sans jamais l’avoir apprise. Ce jour-là, quelque chose s’est éveillé en moi — ou plutôt, quelque chose qui sommeillait depuis toujours a trouvé son support d’expression.
Quand l’enfance rencontre l’invisible
Avant cette rencontre avec le Tarot, j’étais déjà habité par des perceptions que je ne comprenais pas. Des rêves prémonitoires me visitaient la nuit. Je faisais des prédictions malgré moi, sans y prêter attention sur le moment. Ce n’est que plus tard que les personnes concernées revenaient vers moi, étonnées, pour me confirmer leur justesse.
Puis, du jour au lendemain, une autre faculté s’est manifestée : ressentir les souffrances des gens autour de moi. Je pouvais décrire leurs douleurs avec précision, et curieusement, elles disparaissaient soudainement chez eux — comme si je les avais absorbées.
Enfant, on ne sait pas quoi faire d’un tel don. On ne comprend pas ce qui nous arrive. On a juste envie de s’intégrer, d’avoir des copains, d’être simplement comme tout le monde…
Le regard des autres : entre fascination et effroi
Quand on a cet âge et que l’on manipule le Tarot, les réactions de l’entourage sont… déstabilisantes.
Il y a d’abord l’incompréhension. Les adultes froncent les sourcils. Les camarades ricanent ou s’éloignent. Puis vient la peur, cette peur irrationnelle que tu pratiques la magie noire, que tu as conclu un pacte avec le Démon, etc.
Certains pensent que tu sais tout. Que tu lis dans leurs pensées. Tu deviens une sorte de machine à répondre aux questions. Comme si tes facultés t’obligeaient à satisfaire leur curiosité en permanence ; considéré comme un phénomène de foire. Alors, en réponse, tu as tendance à devenir taciturne, à t’isoler et à subir une forme d’exclusion – volontaire ou non.
Heureusement, il existe des personnes sincèrement curieuses. Celles qui posent des questions avec un mélange de fascination et d’inquiétude. Elles, au moins, te considèrent encore comme un simple être humain.
Et puis, il y a aussi certaines autres rencontres… Celles qui te permettent de comprendre que tu n’es pas juste un peu fêlé sur les bords. D’autres médiums vivent la même chose et perçoivent aussi par moments ce monde invisible. Leurs points de vue et leur vécu concordent avec le tien. Cela rassure et fait du bien, dans un monde majoritairement matérialiste où la voyance et la spiritualité, c’est uniquement « des superstitions » ou juste « des conneries que seuls des crédules écervelés peuvent gober ». Mais lorsque tu leur donnes une preuve, ces mêmes juges acerbes – qui te lançaient un défi – blêmissent de peur ; avant de prendre la tangente pour ne plus jamais aborder le sujet ou ne plus jamais te fréquenter. Comme le soir d’une séance de spiritisme improvisée : la lourde table en chêne massif de la salle à manger se leva de quelques centimètres, sans que je la touche d’aucune façon, avant de retomber lourdement à peine avais-je prononcé : « Esprit, es-tu là ? » Si cela m’avait fait sourire, l’expérience n’était pas au goût de tout le monde. Surtout lorsque l’on se veut rationnel… Mais revenons à l’essentiel.
Une philosophie qui s’impose
Avec le temps, le Tarot n’est pas resté un simple jeu de cartes. Il est devenu une philosophie à part entière. Une façon de voir le monde, de comprendre les cycles de la vie, d’accompagner les gens dans leurs questionnements.
Je n’ai jamais souhaité en faire une profession. Jamais. C’était presque un jardin secret. Cependant, mon entourage direct ne l’entendait pas ainsi. Ma famille, mes amis proches m’ont fortement encouragé à sauter le pas, à proposer mes services au plus grand nombre. Ils insistaient : « Tu as un don extraordinaire. Tu devrais en faire profiter les autres au lieu de le garder pour toi. »
J’ai longtemps résisté. J’ai même tenté maintes fois de fuir cette médiumnité qui me collait à la peau. Mais d’une manière ou d’une autre, elle m’a toujours rattrapé…
L’acceptation
Aujourd’hui, 43 ans plus tard, je suis tarologue. Non parce que je l’ai voulu, mais parce que c’était ma Voie.
Avec le temps, j’ai compris que toutes ces expériences avec l’Invisible n’étaient pas un hasard. Elles m’ont guidé pour affiner mes perceptions, pour développer une voyance intuitive, précise et ancrée dans le concret.
Cette rencontre à 11 ans dans une cour d’école n’était que le premier pas d’un long cheminement. Accepter ce don. Accepter le regard des autres. Accepter, finalement, que certaines choses nous choisissent, malgré nous, malgré notre résistance, malgré nos choix.
Ainsi, le Tarot de Marseille s’est naturellement imposé à moi comme support de voyance. Et même si le chemin a été sinueux, marqué par le doute et la fuite, je suis aujourd’hui en paix avec moi-même.
Parce qu’au fond, devenir tarologue, c’était juste m’accepter, accepter qui j’étais vraiment.
Paka Sasha – Tarologue & Médium
43 ans de pratique du Tarot de Marseille
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